Face à la recrudescence des vols de cuivre, les forces de police françaises et belges ont mené une vaste opération de contrôle hier matin dans une dizaine de sites de récupération de métaux situés dans le Nord et en Belgique. L’objectif ? Vérifier la provenance des câbles et lutter contre un trafic qui paralyse les infrastructures ferroviaires et télécoms.
Des tonnes de câbles saisis
Dans un entrepôt de Lomme, un amas de cuivre brûlé attire immédiatement l’attention d’un expert d’Orange. « C’est du câble Orange, il a une fabrication spécifique reconnaissable. Il ne devrait pas se retrouver ici sous cette forme », s’étonne-t-il.
Autour de lui, des centaines de kilos de câbles encore gainés et marqués “France Télécom”, mais aussi du matériel qui pourrait appartenir à la SNCF. L’entreprise ferroviaire a récemment subi un vol massif de cuivre le 23 février, qui a paralysé la gare Lille-Flandres, après un premier coup d’éclat en octobre 2024.
Bilan de l’opération :
- 1,5 tonne de câbles SNCF retrouvée
- 1,9 tonne de câbles Orange identifiée et saisie
Le cuivre, un métal précieux qui attise les convoitises
Le vol de cuivre est un véritable fléau dans les Hauts-de-France, amplifié par la flambée des prix du métal. Aujourd’hui, la tonne dépasse les 9 000 €, ce qui en fait une cible de choix pour les réseaux criminels.
« Il existe des réseaux très bien structurés qui volent et écoulent rapidement leur butin », alerte un responsable des forces de l’ordre.
Les conséquences sont lourdes :
- Trains immobilisés, car les câbles volés assurent la signalisation et la communication ferroviaire
- Barrières de passage à niveau bloquées, obligeant une intervention manuelle
- Pannes de réseau pour les particuliers et entreprises, touchés par 2 500 vols de câbles en France en 2023, dont 550 dans les Hauts-de-France
Des ferrailleurs dans le viseur de la justice
Les ferrailleurs ont désormais des obligations strictes pour éviter de servir d’intermédiaires dans ce trafic. Depuis 2011, ils ne peuvent plus acheter de cuivre en espèces et doivent tenir un registre détaillé des transactions.
« Si les revendeurs font leur travail, il n’y a pas de vol. Mais s’ils ferment les yeux, ils risquent gros : jusqu’à 5 ans de prison et 375 000 € d’amende pour recel », rappelle Clément Méric, directeur de cabinet du préfet du Nord.
Les professionnels contrôlés hier devront s’expliquer sur la provenance des câbles retrouvés. L’enquête se poursuit pour démanteler les réseaux impliqués dans ce trafic lucratif.










