Alors que le nombre de personnes allergiques aux pollens continue de croître en France, Atmo Hauts-de-France, organisme chargé de la surveillance de la qualité de l’air, lance un tout nouvel outil de prévision des pics polliniques, accessible à tous. Une innovation qui tombe à point nommé dans un contexte de changement climatique, lequel allonge les périodes de pollinisation et accentue les symptômes chez les personnes sensibles.

Des allergies en hausse, un coût sanitaire colossal
Un tiers des Français souffrirait d’allergies liées aux pollens, ce qui représente plus de 20 millions de personnes. En plus de son impact sur la qualité de vie, ce phénomène pèse 2 milliards d’euros par an sur le système de santé. Et les choses ne vont pas aller en s’améliorant.
Le réchauffement climatique contribue en effet à rendre les saisons polliniques plus longues, avec une concentration de pollens plus forte dans l’air, et une interaction accrue avec la pollution atmosphérique, aggravant les réactions allergiques.
Un outil prédictif local et accessible
Face à ce constat, Atmo Hauts-de-France a décidé d’agir. Le nouvel outil, lancé officiellement le 2 avril, permet d’anticiper les pics de pollens à l’échelle de chaque commune, avec une visibilité de trois jours.
« Nous suivons les pollens depuis trente ans, nous produisons des cartes depuis quinze ans. Cette expertise nous rend pleinement légitimes », explique Hélène Devillers, directrice d’Atmo Hauts-de-France.
Ce système, testé depuis un an dans la région, est disponible gratuitement sur le site atmo-hdf.fr et via l’application AirToGo. Il couvre d’ores et déjà six types de pollens majeurs : aulne, ambroisie, graminées, olivier, bouleau et armoise. D’autres, comme le noisetier ou le cyprès, seront ajoutés prochainement.
Un outil stratégique en pleine crise du RNSA
Le lancement de cette solution arrive alors même que le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) — acteur historique de la surveillance des pollens — a récemment été placé en liquidation judiciaire.
Atmo insiste cependant sur le fait que cette coïncidence n’était pas préméditée :
« Ce lancement était prévu de longue date », précise Hélène Devillers.
Un appel aux « sentinelles » bénévoles
En parallèle, Atmo cherche à renforcer son réseau de sentinelles dans le cadre du programme Pollin’Air. Ces volontaires ont pour mission de transmettre régulièrement leurs observations sur le terrain, afin d’enrichir les données de l’organisme.
📩 Intéressé(e) ? Vous pouvez candidater sur atmo-hdf.fr ou par téléphone au 03 59 08 37 30.










