Un jeune Palestinien incarne l’espoir et l’engagement collectif des enfants réunis à Gravelines pour construire un futur de solidarité et de paix.

Une élection qui marque les esprits
Au cœur du Village international « Copain du Monde », l’initiative portée par le Secours populaire, les enfants venus de différents pays se sont dotés d’un maire symbolique. Leur choix s’est porté sur Mohammad Alamin, 13 ans, jeune Palestinien au regard déterminé et à la parole claire.
Installé depuis sa naissance dans un camp de réfugiés au Sud-Liban, Mohammad a vu sa vie bouleversée par ce voyage inédit en France. L’élection, organisée le 11 août, a suscité une émotion particulière, tant chez les organisateurs que parmi les jeunes participants. Elle a également pris une dimension politique implicite, en écho à la situation dramatique qui se poursuit à Gaza et en Cisjordanie.
Le visage d’un leadership précoce
Lunettes rondes, allure posée, Mohammad a rapidement trouvé sa place dans ce village éphémère où les enfants échangent sur leurs cultures, leurs projets et leurs rêves. Ses mots simples et réfléchis ont séduit ses camarades.
« Je veux soutenir ce village avec de belles idées pour un avenir meilleur », affirme-t-il, assumant son rôle avec sérieux.
Le jeune garçon nourrit le rêve de devenir médecin et espère un jour poursuivre ses études en France. Sa trajectoire personnelle, marquée par l’exil et la mémoire du pays de ses parents, n’a pas entamé sa volonté de construire.
Un village pour bâtir l’avenir
Le Village international « Copain du Monde » se veut un espace de rencontres et de fraternité. Plus de 400 enfants venus d’Europe, du Proche-Orient, d’Afrique et d’Amérique latine participent chaque été à cette expérience unique. Jeux, débats, ateliers artistiques et discussions avec des acteurs associatifs rythment le quotidien.
Au-delà des activités ludiques, l’objectif est clair : offrir à ces jeunes un espace où s’élaborent des idées de solidarité concrètes. Cette année, les débats ont notamment porté sur l’accès à l’éducation, la protection de l’environnement et les moyens de faire entendre la voix des enfants dans les instances locales et internationales.
Témoignages et résonances
L’élection de Mohammad a été accueillie avec chaleur par les autres participants. Beaucoup y voient un signe d’unité face aux difficultés vécues par les enfants de régions en conflit. « C’est une manière de dire que nous ne les oublions pas », confie une participante originaire d’Italie.
« On est ici, tous ensemble, pour créer le monde de demain, unis », plaide Mohammad devant ses camarades, qui l’ont applaudi longuement.
Son message a trouvé un écho particulier dans le contexte international. Les organisateurs soulignent qu’il ne s’agit pas d’une prise de position politique, mais d’un témoignage d’espérance et de fraternité.
Entre mémoire et avenir
La famille de Mohammad vit depuis 1989 dans un camp de réfugiés au Sud-Liban, après avoir fui la Palestine. Comme de nombreux enfants de sa génération, il grandit avec l’héritage d’une histoire tourmentée et l’espoir d’un retour. Le jeune maire symbolique exprime ce double ancrage : celui d’un passé douloureux et celui d’un futur à imaginer.
Son passage à Gravelines est aussi une occasion rare de sortir, pour la première fois, du quotidien contraint du camp. « Je veux profiter de cette opportunité de voyage pour discuter avec les autorités afin que nous puissions poursuivre nos efforts », ajoute-t-il avec une maturité surprenante pour son âge.
Une dimension universelle
À travers l’expérience de Mohammad, le Village « Copain du Monde » illustre la portée universelle des initiatives de jeunesse. Les thèmes évoqués dans les ateliers — santé, accès à l’eau, droits de l’enfant, égalité d’accès à l’éducation — rappellent les enjeux communs auxquels sont confrontées toutes les sociétés.
En choisissant un Palestinien comme figure symbolique, les enfants réunis cette année ont voulu donner un visage à leur message de solidarité. Loin des discours officiels, leurs voix s’expriment avec franchise et sans détour, rappelant que l’avenir se prépare dès l’enfance.
Une graine d’espoir
Si Mohammad rêve de médecine et d’un retour en Palestine, son élection dépasse sa propre trajectoire. Elle incarne la volonté partagée d’écrire une histoire collective, fondée sur le dialogue et l’entraide.
Dans ce village éphémère, les enfants n’ont pas seulement joué ou échangé des traditions culturelles : ils ont posé un geste symbolique, unis autour d’un message universel. Celui d’un avenir possible, construit à partir des voix les plus jeunes.










