En annonçant un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre, François Bayrou tente un coup politique inattendu. Dans un contexte de crise budgétaire et de tensions sociales, le Premier ministre cherche à imposer une clarification. Mais le risque de voir son gouvernement tomber est bien réel.


Une décision inattendue

C’est devant une salle de presse comble, entouré de plusieurs ministres, que François Bayrou a annoncé sa décision de solliciter la confiance des députés. Le chef du gouvernement a justifié ce choix par « un moment préoccupant et décisif » pour la France, confrontée à une dette publique record.

« La réponse aux périls ne peut pas être de bloquer le pays », a-t-il déclaré, évoquant la menace d’un mouvement social prévu deux jours après le vote.

Cette initiative, validée par le président de la République seulement la veille, marque une rupture dans la stratégie gouvernementale. Elle place l’ensemble de la majorité, mais aussi l’opposition, face à ses responsabilités.


La dette au cœur du débat

En toile de fond, la situation financière du pays pèse lourdement. La dette française progresse depuis vingt ans de près de douze millions d’euros par heure. Sa charge annuelle s’élèvera à 66 milliards d’euros cette année, un montant supérieur au budget de l’Éducation nationale.

Ce constat, martelé par François Bayrou tout au long de l’été, vise à souligner l’urgence d’un effort collectif. Le Premier ministre entend obtenir un accord de principe sur une trajectoire budgétaire de 44 milliards d’euros d’économies, avant d’entrer, à l’automne, dans le détail des mesures.


Une stratégie en deux temps

La méthode proposée par Matignon se veut progressive. Le 8 septembre, l’Assemblée devra se prononcer sur le principe de l’effort budgétaire, sans encore voter les mesures concrètes. Celles-ci feront l’objet de concertations avec les partenaires sociaux puis d’un examen parlementaire à l’automne.

Cette mise en scène en deux actes vise à responsabiliser les députés et à donner du temps au dialogue social. Mais elle pourrait se retourner contre son initiateur si le gouvernement échoue à franchir la première étape.


Une opposition déterminée

Dès l’annonce du Premier ministre, plusieurs forces politiques ont fait connaître leur position. La France insoumise, le Parti communiste et les écologistes ont confirmé qu’ils voteraient contre la confiance. Le Rassemblement national, mené par Marine Le Pen, fera de même, dans l’espoir d’une dissolution.

Le rôle du Parti socialiste apparaît décisif. Divisé entre la ligne d’Olivier Faure, qui juge « inimaginable » de soutenir François Bayrou, et l’appel à la responsabilité lancé par François Hollande, le PS se trouve en position d’arbitre. Une réunion de son bureau national doit trancher la question.

« Le vote de confiance aurait pu finir une période de concertation. Là, Bayrou en fait le préalable. C’est intenable », estime un cadre socialiste.


L’opinion publique partagée

Si l’initiative du Premier ministre surprend, elle trouve un certain écho dans l’opinion. Selon un sondage Elabe, 63 % des Français soutiennent l’idée d’une clarification par un vote de confiance. Mais dans le même temps, 66 % déclarent souhaiter la censure du gouvernement.

Cette ambivalence traduit une défiance persistante vis-à-vis de l’exécutif et un scepticisme face aux mesures envisagées, comme la suppression de deux jours fériés ou l’instauration d’une « année blanche budgétaire », annoncées en juillet.


Un contexte social tendu

Le vote de confiance se tiendra à la veille d’une mobilisation annoncée par le mouvement « Bloquons tout », qui appelle à paralyser le pays. Le souvenir des Gilets jaunes plane encore sur l’exécutif, qui redoute l’embrasement de la rue.

François Bayrou a multiplié les interventions médiatiques au cours de l’été, notamment sur YouTube, pour préparer l’opinion. Il doit encore rencontrer la CFDT et le MEDEF afin de défendre sa stratégie.


Entre clarification et risque de chute

Le Premier ministre résume les enjeux en évoquant deux dangers : « l’impuissance » et « le désordre ». Mais sa décision le place lui-même en équilibre précaire entre ces deux écueils.

« Deux écueils mortels guettent la France : l’impuissance et le désordre », a-t-il averti.

Le 8 septembre pourrait être le moment de vérité : soit François Bayrou réussit à imposer son récit de l’homme de responsabilité face à la crise, soit il provoque la chute de son propre gouvernement.

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