Entre bons plans, files d’attente et déconvenues, l’opération estivale de la SNCF attire autant qu’elle frustre
Jusqu’au 24 août, la SNCF propose des trajets à 1 € sur 38 destinations régionales, permettant aux voyageurs de relier villes, plages ou sites naturels. Si certains profitent pleinement de l’aubaine, d’autres se heurtent à une disponibilité limitée et à des prix beaucoup plus élevés lorsqu’ils achètent leurs billets au dernier moment.

Des files d’attente au guichet et des voyageurs déçus
Samedi midi, à la gare Lille-Flandres, la scène résume bien l’ambivalence de l’opération. « Non, il ne reste plus aucun billet à 1 €, ça fait quinze jours que nous avons été dévalisés », annonce un agent au guichet. Pour un couple souhaitant passer la journée à Malo-les-Bains, l’addition grimpe rapidement : 69,60 € pour un aller-retour à deux entre Lille et Dunkerque.
Malgré cette déconvenue, beaucoup persistent. La météo estivale et un soleil généreux incitent à rejoindre la côte. Sur le quai du TER de 9 h 39, direction Dunkerque, les voyageurs chargés de sacs de plage et de jeux pour enfants se pressent. Parmi eux, une mère de famille avec trois enfants. Sans avoir bénéficié de l’opération, elle confie avoir payé plus de 80 € pour quatre personnes.
Des familles contraintes de payer le prix fort
Dans le wagon, certaines familles racontent la même expérience. Rouguiatou, 37 ans, voyage avec son beau-frère et ses trois enfants depuis Villeneuve-d’Ascq. Leur escapade annuelle à la mer leur coûte 68 € aller-retour, malgré l’achat préalable d’une carte de réduction. « Sans voiture, le train est notre seule solution », explique-t-elle, sandwichs et pique-nique en bandoulière.
Son fils de 7 ans serre un ballon coloré qu’il compte utiliser sur la plage. Pour cette famille, ces billets à tarif réduit permettent de profiter de deux journées de vacances dans l’été, mais la mère regrette de n’avoir jamais entendu parler de l’offre à 1 €.
Les heureux bénéficiaires des places à 1 €
En parcourant les wagons, on finit par rencontrer les chanceux. Un couple et leur fille de 10 ans n’ont payé que 6 € pour l’ensemble de leur déplacement, grâce à l’opération éTER. Habituée des bons plans SNCF, Aude confie :
« C’est la quatrième année qu’on passe une journée à la mer. On est déjà allés à Dunkerque, Berck, Calais… Pour 6 €, c’est très avantageux, d’autant que le bus est gratuit à Dunkerque. Sans le train, on n’irait pas. »
L’économie réalisée est indéniable, mais elle demande une organisation stricte. « Je me suis levée à 3 h du matin pour acheter les billets », explique Aude. « À 4 h, ils étaient disponibles. »
Une ruée sur les billets dès l’ouverture des ventes
L’histoire se répète chez d’autres voyageurs. Claire, agente d’entretien, raconte s’être connectée à 5 h du matin le 22 juillet pour réserver plusieurs trajets début août. Objectif : profiter pleinement de ses congés autour du 15 août.
« J’ai pu prendre des places pour lundi, mercredi, samedi et dimanche. Si mes proches se désistent, je ne perds que 2 ou 3 €. »
Cette anticipation, parfois excessive, explique en partie la frustration d’autres usagers. Beaucoup de sièges restent inoccupés dans les rames, malgré des journées ensoleillées. Des billets achetés par précaution mais non utilisés privent alors d’autres voyageurs de la promotion.
Une opération séduisante mais inégale
L’initiative de la SNCF séduit, mais elle révèle aussi ses limites. Les familles qui parviennent à saisir l’opportunité peuvent passer une journée complète au bord de la mer pour quelques euros seulement. Pour les autres, la facture reste élevée, et l’écart de prix crée un sentiment d’injustice.
Dans un contexte où les déplacements estivaux pèsent de plus en plus sur le budget des ménages, ces offres promotionnelles apparaissent comme une bouffée d’air, mais elles demandent vigilance, rapidité et organisation. Entre billets envolés dès l’aube et places restées vides, le succès de l’opération repose autant sur la communication que sur la capacité des voyageurs à anticiper leurs vacances.










