C’est une histoire de flamme, de souvenirs et d’un peu de culot. Celle d’un quadra en reconversion, installé dans une commune tranquille de la Pévèle, qui, en l’espace de quelques mois, a réussi à transformer quelques pots de verre et beaucoup d’autodérision en un véritable phénomène. Xavier Leclère, créateur de la marque Muisti, fabrique des bougies artisanales pleines de clins d’œil, à offrir ou à garder pour soi. Loin des fragrances classiques, ses créations font sourire, réfléchir, ou même… démissionner.

Une flamme née d’un malentendu
« À la base, je n’avais encore rien fabriqué », se souvient Xavier, hilare. « J’avais juste mis en ligne un site web bricolé avec quelques idées de messages marrants, histoire de voir ce que ça donnerait. » La suite ? Une commande tombe… depuis Marseille. Panique. « J’ai dû apprendre à faire une bougie dans la nuit. »
Dans sa cuisine de Camphin-en-Carembault, Xavier manipule alors la cire avec la prudence d’un démineur. « Je l’ai faite avec soin. Une sorte de respect sacré… C’est un objet symbolique, la bougie. Elle éclaire, elle apaise. C’est intime. » Ce moment marque son entrée dans le monde des artisans-créateurs, loin de son précédent emploi salarié. Depuis, il ne s’est plus arrêté.
Des messages qui font mouche
Muisti, qui signifie « souvenir » en finnois, n’est pas une simple fabrique de bougies parfumées. C’est un terrain de jeu émotionnel. Chaque pot porte un message à double détente : « Je t’aime plus que les frites », « Embrase-moi », « J’avais pas d’idée cadeau », ou encore « Je démissionne » – autant de formules qui font rire, cogitent ou actent, et surtout qui résonnent.
La toute dernière, « La bougie qui rend moins c… », lancée en blague le 1er avril, s’est retrouvée prise au sérieux. Tellement de demandes sont tombées que Xavier a dû la produire. « J’ai été dépassé par mon propre humour », s’amuse-t-il. Sur la bougie, une inscription prévient : « Peut réduire l’envie de donner son avis sur tout sans rien y connaître ». Succès immédiat.
Artisan, raconteur et vendeur
En parallèle de la fabrication, Xavier alimente son compte Instagram, dans lequel il met en scène son quotidien, ses tâtonnements, ses réussites et ses doutes. « Je raconte l’histoire du mec qui met de la cire et des mots dans des pots. Et visiblement, ça parle aux gens. »
Son univers touche une corde sensible. Dans une société de plus en plus friande de produits personnalisés, made in France, avec une touche d’humour ou de tendresse, ses bougies trouvent naturellement leur public. « Les gens n’achètent pas une bougie, ils achètent une émotion. Un message. Un souvenir à rallumer. »
Déjà 100 modèles et 60 revendeurs
En six mois à peine, Muisti a lancé plus de 100 références. Elles sont aujourd’hui distribuées dans une soixantaine de boutiques en France. Un succès aussi rapide qu’inattendu, que Xavier vit encore comme un tourbillon. À ce rythme, sa cuisine ne suffira bientôt plus à répondre à la demande.
Pour autant, il n’est pas question pour lui de renier ce qui a fait la singularité de Muisti. Pas de production industrielle. Pas de grandes enseignes. « Je veux garder le contrôle. Je préfère une croissance lente mais solide. »
Et maintenant ?
Pour l’avenir, Xavier fourmille d’idées : nouvelles gammes, bougies sur mesure pour les entreprises, collaborations avec des artistes, éditions limitées selon les saisons ou les humeurs… Mais surtout, il reste fidèle à ce qui l’a lancé : « Rappeler un bon souvenir, provoquer un sourire, offrir un moment. Une bougie, c’est un message qui dure. »
Pour suivre les aventures de Muisti :
→ @muisti.bougies sur Instagram
→ Boutique en ligne : www.muisti.fr










