Un automobiliste de 28 ans a été interpellé après avoir refusé d’obtempérer lors d’un contrôle routier et engagé une course-poursuite de trois kilomètres sur la voie rapide et l’autoroute A22. Jugé en comparution immédiate, il a écopé d’une peine de prison ferme.

Un refus d’obtempérer qui dégénère
Le 20 août, les policiers ordonnent à un conducteur circulant à bord d’une Mini de s’arrêter à la sortie du centre commercial de Wasquehal. L’homme, qui sait son permis invalidé, choisit d’accélérer. Commence alors une course-poursuite sur environ trois kilomètres, jusqu’à Marcq-en-Barœul.
Durant la fuite, le conducteur multiplie les infractions : dépassements par la droite, circulation sur la bande d’arrêt d’urgence, franchissement de ligne continue, changements de voie brusques. Des comportements jugés particulièrement dangereux par les forces de l’ordre, qui parviennent néanmoins à l’intercepter.
Identité usurpée et consommation de stupéfiants
Lors de son interpellation, le prévenu donne l’identité de son frère. Une manœuvre immédiatement relevée lors de l’audience par le président Hugues Mory, qui souligne avec ironie :
« C’est pas sympa. »
La procureure abonde :
« Ni très courageux. Les gens dont on usurpe l’identité ont parfois bien des problèmes à cause de ça… »
Les tests réalisés révèlent par ailleurs la présence de cannabis dans l’organisme du conducteur, déjà connu de la justice pour des faits similaires. Dans le box, il tente de se justifier :
« J’avais pris du CBD. J’ai paniqué, c’est pour cela que je ne me suis pas arrêté. Je suis complètement en tort. »
Une récidive aggravante
L’homme, âgé de 28 ans, avait déjà été condamné pour conduite sans permis. Son permis ayant été invalidé après une perte totale de points, il roulait une nouvelle fois en infraction. La procureure a rappelé à l’audience la gravité des faits et requis :
- huit mois d’emprisonnement pour conduite sans permis et sous stupéfiants,
- six mois pour refus d’obtempérer,
- six mois pour l’usurpation d’identité,
- la révocation partielle d’un sursis probatoire.
Son avocate, Me Loredana Puisor, a reconnu une « situation judiciaire pas très glorieuse », tout en soulignant une prise de conscience de son client au cours de la garde à vue.
Quinze mois ferme et révocation du sursis
Le tribunal judiciaire a condamné le prévenu à une peine de quinze mois d’emprisonnement ferme, assortie d’un mandat de dépôt. Il a également révoqué un sursis probatoire de trois mois en cours d’exécution.
Cette décision marque une nouvelle étape dans un parcours judiciaire déjà chargé. Le tribunal a insisté sur la nécessité de prévenir la récidive et de rappeler les risques encourus par de tels comportements sur la route.
Contexte : la sévérité accrue face aux refus d’obtempérer
Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, plus de 30 000 refus d’obtempérer sont constatés chaque année en France. Ces faits, en hausse régulière, représentent un danger majeur pour la sécurité publique.
Le Code de la route prévoit des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende en cas de refus d’obtempérer aggravé, notamment lorsque la fuite expose autrui à un risque de mort ou de blessures graves.
Les forces de l’ordre rappellent régulièrement que ces comportements, parfois motivés par la peur d’un contrôle ou par l’usage de stupéfiants, se traduisent par des conséquences judiciaires lourdes et des mises en danger directes des autres usagers de la route.
Un rappel à la vigilance
Le cas jugé illustre une problématique récurrente dans la métropole lilloise et ailleurs : celle des conducteurs circulant malgré un permis annulé ou suspendu, parfois sous l’emprise de substances interdites. Les magistrats soulignent régulièrement la nécessité de renforcer la prévention et de responsabiliser les automobilistes face aux risques encourus.
En condamnant ce conducteur à une peine ferme, le tribunal entend envoyer un signal clair : la fuite face aux forces de l’ordre et la mise en danger d’autrui ne sauraient rester impunies.










