Chaque été, l’allocation de rentrée scolaire (ARS) constitue un soutien financier essentiel pour les ménages aux revenus modestes. Le versement, prévu aujourd’hui, concerne près de 3 millions de foyers en France. Cette aide, versée sous conditions de ressources, permet de couvrir une partie des frais liés aux fournitures scolaires, vêtements et équipements nécessaires à la rentrée.

Une revalorisation modeste mais réelle
L’ARS connaît cette année une légère hausse par rapport à 2024. Pour un enfant âgé de 6 à 10 ans, le montant atteint désormais 423,48 euros, contre 416,40 euros l’an passé. Les adolescents de 11 à 14 ans ouvrent droit à 446,63 euros, tandis que ceux de 15 à 18 ans bénéficient de 462,32 euros.
Cette progression de quelques euros, indexée sur l’inflation, vise à maintenir le pouvoir d’achat des familles alors que les prix des fournitures scolaires et des vêtements connaissent une hausse continue. Selon l’Insee, le coût moyen d’une rentrée scolaire en primaire dépasse désormais les 200 euros par enfant, et grimpe bien plus haut au collège et au lycée.
Une aide massive à l’échelle nationale
En France, l’allocation de rentrée scolaire touche environ 3 millions de foyers chaque année, selon les données de Service-Public.fr. Les conditions de ressources restent strictes : pour deux enfants à charge, le plafond est fixé à 35 008 euros annuels. Les familles dépassant ce seuil ne peuvent pas bénéficier de l’aide.
La Caisse d’allocations familiales (CAF), qui gère le dispositif, assure un versement automatique pour la plupart des bénéficiaires. Ainsi, les familles avec des enfants âgés de 6 à 16 ans n’ont aucune démarche particulière à effectuer.
« Pour les enfants de moins de 6 ans déjà inscrits en cours préparatoire, un certificat de scolarité doit être transmis. De même, pour les plus de 16 ans, les parents doivent confirmer en ligne la poursuite de la scolarité ou de l’apprentissage », précise la CAF dans sa communication nationale.
Un enjeu fort dans le Nord et le Pas-de-Calais
Dans les Hauts-de-France, le dispositif prend une ampleur particulière. Pour le seul département du Pas-de-Calais, 71 208 foyers sont concernés, représentant 110 104 enfants bénéficiaires, pour un montant global de 53,4 millions d’euros.
Dans le Nord, les chiffres sont encore plus marquants : 122 307 foyers, soit 194 020 enfants, pour un total de 94,2 millions d’euros. Ces deux départements concentrent à eux seuls une part significative de l’effort national.
Cette répartition illustre l’importance de l’ARS dans des territoires où la proportion de familles modestes reste supérieure à la moyenne nationale.
Des dépenses de rentrée toujours plus lourdes
Si l’ARS apporte un soulagement, de nombreux parents soulignent que le montant reste en deçà du coût réel d’une rentrée. Le budget consacré aux fournitures, aux manuels, aux cartables ou encore aux équipements numériques pèse de plus en plus lourd.
Selon les fédérations de parents d’élèves, la facture moyenne d’un collégien avoisine 400 à 500 euros en fonction des établissements. Pour un lycéen, notamment en filière technologique ou professionnelle, la somme peut grimper davantage en raison des équipements spécifiques exigés.
« L’allocation ne couvre pas la totalité des frais, mais elle constitue un coup de pouce indispensable pour amorcer la rentrée », rappelle une représentante locale d’une association de parents d’élèves.
Une aide inscrite dans le temps long
L’allocation de rentrée scolaire a été créée en 1974, dans un contexte de forte inflation et de volonté politique de soutenir les familles. Elle a depuis évolué, tant dans ses montants que dans ses conditions d’attribution. Indexée sur l’inflation, elle connaît chaque année une revalorisation automatique, bien que modeste.
Aujourd’hui, le dispositif s’inscrit dans une politique familiale plus large, aux côtés de la prime d’activité, des allocations familiales ou encore des aides au logement. L’ARS reste néanmoins l’une des plus attendues, car son versement coïncide directement avec une période de dépenses incontournables pour les familles.
Perspectives et débats récurrents
Chaque année, la question du montant de l’ARS fait l’objet de débats. Certains syndicats et associations plaident pour une augmentation plus significative afin de compenser réellement l’évolution du coût de la rentrée. D’autres estiment qu’un renforcement du dispositif de fournitures scolaires gratuites dans les écoles serait plus efficace.
Quoi qu’il en soit, le versement effectué aujourd’hui représente un soulagement immédiat pour des millions de foyers. Les prochains jours verront affluer les achats dans les grandes surfaces, papeteries et enseignes spécialisées, où l’on observe traditionnellement un pic d’activité lié à cette allocation.










