Florian Thauvin, la recrue qui redonne un cap au RC Lens
L’ancien international français signe un retour remarqué en Ligue 1 et incarne la volonté du Racing de reconstruire un projet sportif ambitieux
Son arrivée est perçue comme un signal fort envoyé par les dirigeants du RC Lens : Florian Thauvin, champion du monde 2018, rejoint les Sang et Or. Au-delà de l’aspect sportif, ce transfert stratégique vise à restaurer une dynamique après des mois d’incertitudes.

Un recrutement pour redorer l’image du club
Depuis plusieurs mois, les décisions sportives prises à La Gaillette faisaient l’objet de critiques, aussi bien en interne qu’auprès des supporters. Le mercato hivernal avait laissé des traces, notamment avec des choix contestés tels que l’achat du Suédois Jeremy Agbonifo ou l’arrivée difficilement justifiable de Nidal Celik, dont la présence en N3 avait contribué à la relégation administrative de la réserve.
S’y ajoutait une instabilité au poste de gardien, laissée vacante après le départ de Brice Samba. Le Racing, pris dans une cure d’austérité dictée par son président Joseph Oughourlian, semblait à court de souffle, tant financièrement que sportivement.
« Il faut refaire du Lens. »
Formule récurrente entendue dans les couloirs du centre d’entraînement artésien
L’arrivée de Florian Thauvin marque donc une volonté claire : celle de redresser la trajectoire. Elle est aussi le fruit du travail renforcé de la nouvelle direction sportive, avec Jean-Louis Leca aux manettes et Benjamin Parrot comme directeur général.
Une signature qui dépasse le simple cadre sportif
Florian Thauvin, 31 ans, n’est pas seulement une recrue expérimentée. Il est la première star internationale française à rejoindre le club depuis Éric Carrière en 2004. Formé à Grenoble, révélé à Bastia, sacré champion du monde avec les Bleus en 2018, Thauvin revient en Ligue 1 après deux ans et demi à l’Udinese, où il a retrouvé une régularité sportive.
Son arrivée a provoqué un engouement inédit : près de 300 supporters étaient présents à l’aéroport de Lesquin pour l’accueillir, un fait sans précédent dans l’histoire du club.
« C’est la première fois qu’on voit une telle foule pour une signature. Ce n’est pas seulement un bon joueur, c’est un symbole de relance. »
Membre du staff administratif du RC Lens
Thauvin n’arrive pas seul. Il est le premier domino d’un mercato que les dirigeants veulent intelligent mais ambitieux. L’officialisation du transfert du défenseur international saoudien Saud Abdulhamid en provenance de la Roma montre aussi l’ouverture du club vers des marchés émergents.
Des attentes techniques et tactiques élevées
Sur le terrain, Florian Thauvin est attendu comme une pièce centrale du système offensif. Sa capacité à créer des décalages, à provoquer balle au pied et à alimenter ses attaquants devrait redonner du relief à une attaque en panne d’inspiration depuis le départ de plusieurs cadres.
« Techniquement, l’arrivée du champion du monde 2018 devrait apporter une amélioration évidente à une équipe qui en manque cruellement. »
L’objectif est aussi de servir de catalyseur dans l’attraction d’un véritable buteur. Car depuis trois saisons, le RC Lens perd systématiquement son meilleur attaquant à chaque été. Après Openda, Wahi, puis Neil El Aynaoui, l’attaque est un chantier majeur à reconstruire.
Un mercato à la recherche d’équilibre
Les déclarations récentes de Jean-Louis Leca illustrent cette volonté de revenir à un recrutement cohérent, basé sur l’ADN du club : flair, travail de fond, et stabilité.
« Ma vision sur le mercato est simple. C’est celle d’un Lens qui a performé, le Lens malin de Loïc Badé, de Jonathan Clauss. C’est aussi le Lens qui a su saisir une opportunité comme Seko Fofana. »
Le parallèle avec Fofana n’est pas anodin. L’ancien milieu, arrivé lui aussi d’Udine, avait incarné un nouveau cycle pour le club. C’est dans cette logique que Thauvin s’inscrit, comme un élément à la fois structurant et inspirant.
Une reconstruction plus large du projet lensois
L’arrivée de Thauvin est aussi le reflet d’un changement de ton au sein de la direction. Les discussions entre Pierre Sage, entraîneur de l’équipe première, et le président Oughourlian ont joué un rôle décisif dans le transfert.
« Être à la base d’un projet au long cours, voilà qui correspondait aux attentes du coach. Mais se jeter dans une telle aventure sans munition est toujours périlleux. »
Après des mois de flou, les lignes commencent à bouger. Le club semble désormais plus clair sur ses objectifs : retrouver une stabilité sportive, reconstruire une ossature solide, et viser une qualification européenne dans les deux ans.
Un signal envoyé au vestiaire et aux supporters
Florian Thauvin incarne enfin un signal fort envoyé aux joueurs en place et à ceux qui pourraient rejoindre le club. L’idée est simple : Lens n’est pas en repli. Il reste un club ambitieux, capable de séduire des noms établis et d’en faire les figures de proue de son avenir.
« Le futur numéro neuf sait qu’il aura Florian Thauvin pour l’alimenter. Cela facilite forcément les négociations. »
Alors que la préparation estivale bat son plein, le club travaille en coulisse sur plusieurs dossiers. L’accent est mis sur l’attaque, mais aussi sur le milieu, orphelin de plusieurs départs majeurs.
Un retour en France sous conditions
Pour Florian Thauvin, ce retour dans l’Hexagone n’est pas sans enjeux personnels. S’il semble aujourd’hui éloigné de l’équipe de France, sa signature dans un club ambitieux pourrait lui offrir une dernière fenêtre de visibilité, à un an d’une nouvelle Coupe du monde.
Mais avant cela, il devra s’imposer dans un effectif en construction, trouver ses automatismes et assumer le poids symbolique de son transfert.
Son histoire avec Lens commence à peine. Reste à savoir si elle marquera un vrai tournant pour un club à la recherche de repères.










