Une circulation réduite pour les voitures, de nouveaux aménagements cyclables et une place piétonne : les contours de l’entrée de Lille changent radicalement d’ici fin juillet.
Depuis l’automne dernier, le chantier du boulevard Carnot reconfigure en profondeur l’un des principaux accès à Lille. Si les travaux touchent à leur fin, les changements qu’ils induisent marquent une étape majeure dans la transformation des mobilités urbaines. Circulation automobile réduite, continuité cyclable assurée et nouvel espace piétonnier : la ville prépare son entrée du futur.

Automobilistes : la fin des doubles voies
Depuis le lancement du chantier en 2022, les automobilistes ont dû composer avec des fermetures ponctuelles, des embouteillages chroniques et des déviations parfois déroutantes. Mais le plus grand changement reste à venir : la réduction pérenne de la circulation automobile sur le boulevard Carnot.
Jusqu’ici, deux voies par sens permettaient de gérer un trafic quotidien estimé à 30 000 véhicules sur le tronc commun du Grand Boulevard. À terme, une seule voie sera maintenue dans chaque direction. Cette décision, assumée par les collectivités, vise à rééquilibrer les usages de l’espace public.
« L’objectif est clair : réduire la pression automobile à l’entrée de Lille et favoriser les mobilités douces », précise un responsable de la Métropole Européenne de Lille (MEL).
La nouvelle configuration prévoit une bretelle avancée pour les véhicules venant du périphérique Est ou de La Madeleine, qui pourront réintégrer le boulevard Carnot via la rue des Urbanistes, désormais réaménagée.
Cyclistes : une continuité assurée du Croisé Laroche au parc Lebas
Les cyclistes font partie des grands bénéficiaires de cette reconfiguration. Malgré les désagréments temporaires liés aux fermetures, notamment au niveau du carrefour Pasteur, la perspective d’une piste cyclable large et continue se concrétise.
Actuellement, les usagers doivent contourner le giratoire Pasteur via une piste bidirectionnelle provisoire, en attendant la réouverture complète de la portion souterraine. Le nouveau tracé final reprendra le modèle appliqué entre la gare Lille-Flandres et l’Opéra : une piste de 3 mètres de large, séparée de la chaussée.
« À terme, la piste cyclable reliera de façon continue le Croisé Laroche au parc Jean-Baptiste Lebas », souligne Jacques Richir, adjoint au maire de Lille délégué à l’espace public et aux mobilités.
Selon les données de la MEL, la fréquentation cyclable a progressé de 4 % en 2024 sur l’ensemble de la métropole, une tendance confirmée par les comptages réalisés sur le Grand Boulevard.
Piétons : un nouveau jardin urbain devant le lycée Pasteur
Outre la transformation des flux motorisés et cyclistes, le chantier redessine aussi les abords du lycée Pasteur. L’actuelle pelouse bordée par la statue de Louise de Bettignies deviendra un espace piéton apaisé. Le projet, mené en partenariat entre la ville de Lille et la MEL, prévoit un jardin public et une place conviviale autour du monument restauré.
« Cela permettra d’apaiser et sécuriser l’accès des élèves du lycée Pasteur à leur établissement », explique Jacques Richir.
Ce nouvel espace vert s’inscrit dans une stratégie plus large d’embellissement et de désimperméabilisation du tissu urbain, alors que la question de l’adaptation climatique des villes devient centrale.
Un calendrier clair jusqu’à la fin juillet
La fin du chantier est annoncée pour le 31 juillet. D’ici là, les perturbations devraient être limitées. Une seule coupure de la rue des Urbanistes est prévue les nuits du 21 et du 22 mai, pour la pose des enrobés.
Les autorités précisent qu’aucune autre interruption de circulation n’est envisagée avant la fin des travaux.
Une vision assumée de la ville de demain
Si ces changements peuvent susciter des résistances, notamment chez les automobilistes habitués à une entrée fluide dans Lille, ils s’inscrivent dans une logique de transformation des usages de l’espace public. Réduire la place de la voiture individuelle, renforcer les mobilités actives et apaiser les accès aux équipements scolaires : autant d’objectifs portés par les collectivités.
Ce réaménagement du boulevard Carnot représente un jalon emblématique dans la politique de mobilité de la métropole, qui prévoit d’autres projets similaires dans les années à venir. La zone de l’entrée de ville devient ainsi un laboratoire à ciel ouvert pour une ville plus sobre, plus sûre, et mieux partagée.










