Mercredi, trois jeunes hommes, âgés de 19 à 24 ans et résidant dans les secteurs de Lille et Dunkerque, ont été interpellés lors d’une opération menée par les services antiterroristes. Ils sont soupçonnés d’avoir projeté un attentat kamikaze dans la région, inspiré du modèle du Bataclan. Une attaque de masse, planifiée pour faire un maximum de victimes, et qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques si elle n’avait pas été déjouée à temps.

Une dénonciation décisive
Selon les révélations du Parisien, c’est un proche des suspects – conscient de leur radicalisation et redoutant un passage à l’acte imminent – qui a pris l’initiative de les dénoncer. Un signalement qui s’est avéré déterminant : lors des perquisitions menées dans la foulée, les enquêteurs ont découvert une ceinture explosive artisanale, conçue à l’aide de pétards et équipée d’un dispositif de mise à feu.
Des recherches poussées avaient également été menées par le groupe sur la fabrication de TATP, un explosif très instable, tristement célèbre pour avoir été utilisé dans plusieurs attentats majeurs en Europe, notamment à Paris en 2015 et Bruxelles en 2016.
Une radicalisation avancée
Le principal suspect, Morad M., décrit comme le meneur du trio, aurait prêté allégeance à l’organisation terroriste État islamique. Il aurait également publié sur le réseau social Snapchat des messages particulièrement virulents, appelant à « noyer dans le sang les mécréants ». Ces publications s’ajoutent à un passé déjà connu des services de renseignement, bien que Morad M. n’ait jamais été inscrit au fichier des personnes radicalisées (FSPRT).
L’individu aurait également tenu par le passé des propos haineux à l’encontre de Mila, une jeune femme ayant été la cible de multiples menaces après avoir exprimé des critiques à l’égard de l’islam en 2020.
Des cibles multiples évoquées
Les investigations préliminaires révèlent que les trois hommes auraient envisagé plusieurs cibles potentielles dans la région : un foyer pour jeunes, un restaurant, une boîte de nuit, ou encore un lieu de culte juif. Aucune date d’attaque n’avait été arrêtée, mais la nature du matériel saisi et les échanges entre les suspects indiquent un projet avancé, sur le point d’aboutir.
Une réponse judiciaire immédiate
Les trois suspects ont été transférés à Paris et présentés à un juge d’instruction spécialisé en matière de terrorisme. Deux d’entre eux ont été mis en examen et placés en détention provisoire. Le troisième, poursuivi pour non-dénonciation de crime, a été laissé libre sous contrôle judiciaire, mais reste dans le viseur des enquêteurs.
Un signal d’alerte pour les services antiterroristes
Cette affaire, aussi glaçante que révélatrice, remet en lumière la menace persistante de la radicalisation sur le territoire national, même chez des individus jeunes et insérés socialement. Elle met également en évidence l’importance du signalement citoyen, qui peut parfois empêcher l’irréparable.
L’enquête se poursuit sous la direction du Parquet national antiterroriste (PNAT). Elle devra déterminer le degré exact de préparation de l’attentat envisagé, les éventuelles complicités et les connexions éventuelles avec d’autres réseaux.










