Un réseau de trafic de cocaïne actif dans plusieurs communes du Nord a été démantelé cette semaine par la police judiciaire, à l’issue d’une enquête de six mois. Six hommes, sans antécédents judiciaires majeurs, ont été interpellés dans le cadre de ce coup de filet ciblé, qui révèle un circuit bien rôdé entre la France et la Belgique.

Plusieurs communes concernées, des profils inattendus
Les faits, qualifiés de transport, acquisition, détention et offre ou cession de stupéfiants, se seraient produits entre mars 2023 et mars 2025, avec des allers-retours transfrontaliers. Lille, Tourcoing, Faches-Thumesnil, La Madeleine, mais aussi d’autres points du département du Nord ont servi de nœuds logistiques pour le trafic.
Les profils des six suspects surprennent les enquêteurs : casier judiciaire vierge pour tous, sauf un (mention pour défaut d’assurance), emploi stable en CDI, vie relativement discrète. Deux d’entre eux ne travaillent plus, à cause de problèmes administratifs liés à leur titre de séjour.
Saisies importantes : cocaïne et argent liquide
Lors des perquisitions :
- 300 grammes de cocaïne ont été retrouvés chez l’un des suspects,
- 200 grammes chez un autre,
- Plus de 25 000 euros en espèces ont été saisis au domicile d’un troisième.
Des éléments qui laissent penser à une structure organisée, alimentant un marché actif, notamment auprès de certains milieux aisés.
« Il s’agit d’un trafic structuré et fluide, à cheval sur la frontière, avec une clientèle qui ne correspond pas au cliché des quartiers sensibles », avance une source proche du dossier.
Un réseau au service de « notables » ?
L’une des révélations marquantes du dossier, évoquée par la défense, réside dans la clientèle supposée du réseau : des “notables” de la métropole lilloise, à savoir des cadres, chefs d’entreprise ou professions libérales, selon plusieurs avocats. Une donnée qui interroge sur la banalisation de l’usage de cocaïne dans certains milieux professionnels.
Quatre incarcérations, procès prévu le 7 mai
Parmi les six mis en cause :
- Trois ont demandé un délai pour préparer leur défense.
- Le tribunal a décidé de renvoyer l’audience au 7 mai, en raison de la complexité du dossier.
Dans l’attente :
- Quatre prévenus ont été placés en détention provisoire.
- Deux ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire et de communiquer avec les autres suspects.
L’enquête pourrait encore évoluer, notamment sur la nature des réseaux financiers utilisés et l’identité des clients du réseau, qui restent pour l’instant confidentielles.










