Samedi soir, à Wambrechies, les cris d’une femme ont alerté les habitants d’une résidence de la rue de Bondues. Les services de police, appelés en urgence, ont découvert une scène de violences conjugales. Le concubin, déjà condamné à deux reprises pour des faits similaires sur la même victime, a cette fois enfoncé son pouce dans l’œil de sa compagne. Jugé en comparution immédiate, il a été condamné à six mois de prison ferme sous bracelet électronique, avec interdiction d’entrer en contact avec la victime pendant deux ans.
Des cris derrière la porte, une intervention urgente
Quand les policiers arrivent, en pleine nuit, ils entendent des hurlements derrière la porte d’un appartement. À l’intérieur, la femme ne peut pas ouvrir : son compagnon a gardé les clés. Il finit par prendre la fuite en sautant du balcon, pendant que les forces de l’ordre parviennent à pénétrer dans le logement.
La victime, visiblement choquée et blessée, évoque une dispute liée à un programme télé et à l’alcool, en l’occurrence de la vodka. Elle raconte des brimades, des insultes, des coups, jusqu’à ce geste violent : le pouce de son agresseur enfoncé dans son œil.
« J’ai vidé le reste de la vodka dans l’évier, ça a mis le feu aux poudres », raconte-t-elle aux policiers.
« J’ai eu peur de prendre un coup alors je faisais des va-et-vient avec la télécommande. Il a pris un coup, j’ai crié au secours. »
Une récidive inquiétante
L’homme de 50 ans, employé en mairie à Tourcoing, n’en est pas à sa première condamnation. Il a déjà été jugé pour des faits de violences sur la même femme en 2018 et 2021. Cette troisième affaire témoigne d’un cycle de violences non rompu, malgré les précédentes décisions de justice.
Interpellé quelques heures après les faits, le prévenu reconnaît les faits, mais tente de les minimiser :
« Je n’aurais pas dû faire ça. C’étaient des bêtises. »
Il évoque des difficultés personnelles et financières, et admet que l’alcool joue un rôle déclencheur :
« Quand j’ai bu, je suis tranquille, mais si on me dit quelque chose, je peux m’énerver. »
Une victime sous emprise
Malgré les coups, les insultes, et la récidive, la victime refuse de porter plainte ou même de voir un médecin. À la barre, elle évoque les « sentiments » qu’elle ressent encore, et dépeint un homme « adorable »… sauf quand il boit. Une réaction malheureusement classique dans les cas de violences conjugales chroniques, où la dépendance affective et l’emprise psychologique freinent la rupture.
« Il y a des sentiments. On a toujours fini par régler les choses. »
Une peine avec suivi, mais un passif lourd
Le parquet de Lille, visiblement excédé, soulignait le caractère exceptionnel d’une troisième condamnation pour les mêmes faits et sur la même victime. Il a requis six mois ferme avec maintien en détention.
Le tribunal a finalement condamné l’homme à six mois de prison ferme, aménagés sous bracelet électronique, avec obligation de soins et interdiction d’entrer en contact avec la victime pendant deux ans.
Un système de justice confronté à la répétition
Ce fait divers souligne les limites du traitement judiciaire des violences conjugales en cas de récidive, surtout lorsque la victime n’est pas en mesure de se protéger elle-même. Il interroge aussi sur l’efficacité des mesures précédentes, et rappelle que l’alcool ne saurait être une circonstance atténuante, mais bien un facteur aggravant dans ces situations de violence répétée.
En 2023, 118 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France.
Le numéro national 3919 reste le principal outil d’écoute, d’orientation et de soutien pour les femmes victimes de violences.










