Atteint de la maladie de Parkinson, Pierre Cousein a choisi l’euthanasie en Belgique. Son dernier combat suscite émotion et réflexion sur les pratiques médicales de la fin de vie.

Malade depuis plus de dix ans, Pierre Cousein a décidé de recourir à l’euthanasie en Belgique. Entouré de ses proches, il a quitté ce monde après avoir longtemps témoigné pour défendre son choix. Mais son geste, derrière l’émotion, interroge sur le rapport à la souffrance et à la dignité humaine.


Une décision mûrie face à une maladie dévastatrice

Le combat de Pierre Cousein contre la maladie de Parkinson aura duré plus d’une décennie. Diagnostiqué à l’âge de 38 ans, cet épicurien connu pour son amour de la vie, des repas partagés et des amitiés sincères, voyait son quotidien lentement rongé par une affection incurable. Progressivement privé de son autonomie, Pierre n’imaginait pas s’abandonner à la dépendance promise par l’évolution de son état.

Refusant d’attendre la démence ou l’isolement physique, il a entrepris les démarches en Belgique pour obtenir ce qu’il appelait lui-même « le soin ultime » : une double injection, l’une pour plonger dans le sommeil, l’autre pour provoquer la mort.

« Parkinson est une délicieuse accompagnatrice, elle me rappelle toujours à l’ordre », disait-il, dans un mélange de lucidité cruelle et de résignation amère.

Dans cet ultime combat, Pierre était épaulé par le docteur François Guillemot, membre d’un collectif militant pour l’accompagnement de ces choix. Toutefois, la nature même de ce dernier geste soulève, au-delà du courage personnel, de profondes interrogations sur l’abandon face à la souffrance.


Un départ orchestré dans la discrétion et l’émotion

Jeudi, à 13h40, dans une clinique belge spécialisée, Pierre Cousein s’est éteint. Douze proches étaient à ses côtés, formant une présence silencieuse et aimante lors de ses derniers instants. Sa compagne lui tenait la main, symbole poignant d’un accompagnement intime jusqu’au bout du chemin.

« Les choses se sont passées paisiblement », a rapporté le docteur Guillemot, insistant sur l’importance d’un adieu entouré d’amour.

Mais cette sérénité apparente masque une réalité plus difficile : choisir l’heure et le lieu de sa propre mort reste un acte lourd de sens et de conséquences, tant pour soi que pour ceux qui restent.


Une fin qui soulève des questions éthiques fondamentales

La décision de Pierre Cousein a relancé le débat, à l’heure où la France s’apprête à examiner un projet de loi sur la « fin de vie ». Un texte qui, même s’il légalise dans certains cas l’aide active à mourir, reste encadré par des conditions strictes, notamment la nécessité d’un pronostic vital engagé à court terme, ce qui n’était pas le cas de Pierre.

Si son témoignage a permis d’« ouvrir la parole », comme il l’espérait, il révèle aussi la complexité d’une démarche qui, derrière l’apparente liberté, enferme parfois dans une logique d’anticipation du pire.

« Laisser les gens dans la douleur, c’est inadmissible », affirmait-il la veille de son départ, avec une conviction trempée dans l’épreuve.

Cependant, la douleur n’est-elle pas aussi une part de ce que signifie être vivant ? Cette question, jamais vraiment posée au fil des témoignages médiatiques, demeure en suspens.


Un dernier hommage entre ciel bas et papillons bleus

La veille de son départ, Pierre avait organisé un barbecue avec ses proches. Sous un ciel lourd, il voulait célébrer la vie une dernière fois, fidèle à son tempérament chaleureux. Couscous, choucroute, rires et souvenirs : autant de tentatives pour exorciser la gravité du moment.

Depuis plusieurs mois, Pierre évoquait souvent l’image des papillons bleus pour symboliser l’au-delà. Hier, ses proches portaient ce symbole discret sur eux, signe de fidélité à son imaginaire et de respect pour son choix.

« C’est comme quand on est dans la mer, on se laisse porter par la brise, le vent, la houle », confiait-il avec philosophie.

Mais derrière ces images apaisantes, l’irréversibilité du geste demeure. Le choix d’abréger une existence, même par lucidité et anticipation, ne peut qu’interpeller sur la frontière entre soin et abandon, entre dignité et renoncement.


Vers une société de l’euthanasie ?

La médiatisation du cas de Pierre Cousein s’inscrit dans un contexte où l’euthanasie gagne en visibilité et en acceptabilité dans l’opinion publique. Selon un sondage Ifop publié en mars dernier, 78 % des Français se disent favorables à une forme d’aide active à mourir. Un chiffre en forte progression depuis dix ans.

Pourtant, dans le silence des chambres d’hôpital, loin des plateaux de télévision, c’est une autre réalité qui se joue : celle de patients fragiles, souvent vulnérables, qui pourraient ressentir, même inconsciemment, la pression de ne pas « peser » sur leurs proches.

Face à cela, plusieurs voix médicales appellent à renforcer les soins palliatifs, qui permettent d’accompagner la souffrance sans abréger la vie.

« L’urgence est de soigner, pas de supprimer ceux qui souffrent », rappelait récemment le docteur Claire Fourcade, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs.

Pierre Cousein aura eu son choix, librement consenti et assumé jusqu’au bout. Mais son départ, au-delà de l’émotion qu’il suscite, invite chacun à s’interroger sur la société que nous voulons construire : une société qui accompagne jusqu’au bout ou une société qui, face à l’épreuve de la maladie, choisit l’effacement.

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