La profession boulangère s’organise pour dénoncer une situation jugée injuste. Alors que leur convention collective leur permet de travailler les jours fériés, plusieurs artisans ont récemment été verbalisés. Une mobilisation s’intensifie pour obtenir une clarification légale.


« Nous ne sommes pas des voyous », martèle la profession, confrontée à une réglementation contradictoire. En première ligne, Thibault Salomé, boulanger à Croisilles et vice-président de la Chambre des métiers et de l’Artisanat, appelle au dialogue pour sortir de cette impasse.


Une tolérance remise en cause

Depuis toujours, les boulangers bénéficient d’une certaine tolérance pour ouvrir leur commerce les jours fériés, à condition de rémunérer leurs salariés double. Une règle implicite qui a permis de maintenir le service auprès de la population. Cependant, depuis l’an dernier, cette tolérance est remise en question.

En mai dernier, plusieurs artisans vendéens ont été verbalisés par des inspecteurs du travail. Une situation inédite qui a semé l’inquiétude au sein de la profession.

« Notre convention collective nous autorise à ouvrir le 1ᵉʳ mai, en payant double nos collaborateurs, alors que le Code du travail ne l’autorise qu’aux seuls gérants. Il y a toujours eu une tolérance jusqu’à l’an dernier », explique Thibault Salomé.

La Confédération nationale de la boulangerie s’est saisie du dossier et demande désormais un éclaircissement législatif pour que les artisans puissent exercer leur activité en toute légalité, sans craindre de sanctions.

Une mobilisation structurée

Face à cette incertitude juridique, les boulangers se sont organisés. Ils ont adressé leurs revendications à Catherine Vautrin, ministre du Travail, qui s’est montrée attentive aux arguments avancés par la profession.

« Catherine Vautrin est favorable à l’évolution de la réglementation. Elle est consciente que pendant la crise sanitaire, nous étions reconnus comme des professions essentielles », indique Thibault Salomé.

Pour faire entendre leur voix, les artisans des Hauts-de-France envisagent des actions symboliques. L’une d’elles consiste à fermer leurs boulangeries lors du 1ᵉʳ mai, pour démontrer leur rôle crucial dans la vie des communes rurales comme urbaines.

Un sentiment de frustration grandissant

Chez les professionnels, l’ambiance est marquée par une forme de lassitude et de colère sourde. Beaucoup ne comprennent pas cette mise en cause de leur activité alors même que d’autres secteurs bénéficient d’une plus grande liberté.

« Certains parcs d’attractions restent ouverts les jours fériés, qu’on nous explique ! », s’agace Thibault Salomé.

Ce sentiment d’injustice est d’autant plus fort que les boulangers considèrent leur présence comme indispensable. Fournir du pain les jours fériés, assurent-ils, est un service de première nécessité, notamment dans les territoires ruraux où les commerces sont peu nombreux.

Une situation qui remonte à loin

Le problème ne date pas d’hier. Depuis plusieurs décennies, les textes juridiques encadrant le travail des jours fériés sont restés flous pour certains secteurs d’activité. La boulangerie, en particulier, est régie à la fois par le Code du travail et par des conventions collectives qui se veulent plus protectrices pour les salariés.

À l’époque, une certaine souplesse administrative avait été instaurée pour permettre aux commerces alimentaires de fonctionner, au bénéfice du public. Mais l’évolution des pratiques de contrôle et une lecture plus stricte des textes ont rendu la situation de plus en plus délicate.

Des perspectives d’évolution

La profession espère désormais obtenir une modification claire de la réglementation, soit par un décret, soit par une évolution législative plus large. L’objectif est de sécuriser juridiquement la possibilité d’ouvrir les jours fériés, dans un cadre respectueux des droits des salariés.

À court terme, la mobilisation prévue pour le 1ᵉʳ mai doit permettre de sensibiliser les pouvoirs publics et l’opinion sur l’importance de maintenir ce service. Les boulangers, en tout cas, affichent leur détermination à continuer à travailler légalement, sans être assimilés à des contrevenants.

« Nous ne voulons pas l’affrontement. Le but premier est de rendre service aux clients », conclut Thibault Salomé.

Le soutien discret des élus locaux

De nombreux maires, notamment dans les petites communes, ont discrètement apporté leur soutien aux boulangers. Ils rappellent que la fermeture des boulangeries les jours fériés pourrait accentuer l’isolement de certains habitants et nuire à l’attractivité des territoires.

« Une boulangerie ouverte, c’est un village qui reste vivant », affirme un maire du Pas-de-Calais, sous couvert d’anonymat.

Dans les prochaines semaines, les négociations devraient se poursuivre entre les représentants des boulangers et les pouvoirs publics. Les artisans espèrent que leur mobilisation portera ses fruits et permettra de rétablir une situation jugée aujourd’hui incohérente et préjudiciable à la vitalité locale.

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